Ben au Maroc
Parti travailler deux ans au Maroc, je livre ici mes impressions et donne de mes nouvelles dans ce pays
fabuleux qui, quand il vous a touché au coeur, ne se déprend plus de vous...
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!
On apprend toujours...
Pour compléter l'article précédent, voici un lien qui vous permettra d'en savoir plus sur le film
"Casanegra" : http://casanegra.blogs.wana.ma/.
Le film a tellement bien marché qu'il s'est vendu immédiatement en DVD piraté, comme il est d'usage pour tous les films vendus au Maroc et diffusés en salles.
Sauf que le réalisateur n'a pas du tout apprécié (ce que l'on comprend bien). S'en est suivie une descente de la police chez les vendeurs de DVD piratés.
Mais l'interdiction n'a fait que redoubler la vigueur des ventes : c'est désormais aux portes de la médina et à la sauvette qu'on peut acquérir le fameux DVD. Les étals le vendent toujours, mais
sous de fausses pochettes et après une demande discrète comme si on cherchait un produit illicite.
Plus la peine de constater la médiocrité des films marocains, leur manque d'inspiration, leur absence de maîtrise technique, etc.
2 films, chacun dans un genre très différent, viennent de confirmer qu'au Maroc, il est possible d'allier qualité cinématographique et succès public.
Tout d'abord, CASANEGRA. Le film raconte les errances nocturnes de deux jeunes dans les rues de la capitale économique du Royaume, à la rencontre de ses exclus et de ses marginaux. C'est assez
réaliste, sans tomber dans l'outrance et dans la dénonciation, comme c'est souvent le cas. Les media ont longuement parlé des scènes choc (un baiser entre deux personnes d'âge mûr, une scène de
masturbation) et des dialogues truffés de vulgarités en tout genre. Mais, à mon sens, ce qu'il faut plutôt retenir, c'est la poésie avec laquelle est filmée le centre ville de Casablanca et le
jeu des acteurs, tous très bons.
Et puis il y a également le film NUMBER ONE, qui lorgne lui résolument du côté de la comédie. Un Casablancais macho se retrouve soudain à défendre la cause féministe après avoir mangé un tajine
assaisonné avec des épices magiques. C'est assez bien vu et s'inscrit dans l'air du temps : après avoir été annoncé avec beaucoup de bruit, la réfome de la "moudawana" (code de la
famille) a-t-elle eu les effets escomptés ?