Le pluriel est ici de rigueur pour désigner la langue de communication des arabophones. Il existe non pas un, mais des dialectes arabes, que l'on peut regrouper sous différentes grandes tendances, même si chaque pays, voire chaque région, a ses spécificités dialectales :
LES GRANDES FAMILLES DE DIALECTES
- le dialecte maghrébin : Algérie, Tunisie, Maroc : qui a subit
l'influence du français, du berbère et de l'espagnol
- le dialecte égyptien : qui jouit d'une grande popularité dans l'ensemble du monde arabe, du fait de la production importante de films et de musiques égyptiennes et de la place de l'Egypte dans l'histoire des pays arabes au XXème siècle (notamment avec le "nationalisme arabe" de Gamel Abdel Nasser)
- le dialecte syro-libanais-palestinien : qui jouit aussi d'une grande audience grâce aux arts (littérature, musique), mais aussi par le biais de l'actualité géopolitique
- le dialecte du Golfe : assez proche de l'arabe classique
Cette classification est en partie insatisfaisante parce qu'elle laisse de côté certains dialectes (mauritanien, soudanais, etc.) et parce qu'elle ne rend pas assez compte de la diversité du phénomène dialectal dans le monde arabe.
DES DIFFERENCES MARQUEES ENTRE LES DIALECTES...
Exemple :
français : Demain, j'irai voir le joli marché ;
arabe littéral : Ghaden, sa' adh-habou li-ru'yat is-souqi el-jamil ;
tunisien : Ghodwa, bèch nemchi nchouf es-souq el-bêhî ;
algérien : Ghodwa, nrouh nshouf al-souk al-mlih ;
marocain : Gheda, nemchi nshouf es-soq e-zwine ;
égyptien : Bokra, rayeha 'ashouf al-sou' al-gamîl ;
libanais : Bukra, ana rayeha shouf al-s-sou' el-helo.
(source "wikipédia")
... MAIS AUSSI DES SIMILITUDES
- le système phonétique est plus riche que celui de l'arabe classique et la gamme des voyelles est plus nuancée
- mais, plus un parler est évolué et plus les jeux vocaliques tendent à disparaître :
> l'usure des finales provoque la chute des voyelles,
> la syntaxe de position rend inutiles les désinences casuelles
> les voyelles brèves internes s'usent à leur tour et disparaissent
- la morphologie est simplifiée
- le vocabulaire de base se retrouve dans l'arabe classique, mais les parlers utilisent aussi une masse de mots vivants qui proviennent
> de racines tombées ailleurs en désuétude,
> de formations spontanées
> ou d'emprunts à des langues étrangères qui demeuraient vivantes sur le même sol.
(sources : Charles Pellat, Langue et littérature arabes)
Les différences entre dialecte s'expliquent en grande partie par des différences de prononciation (les Egyptiens prononcent le "J" en "G" dur, tandis que les Libanais ne prononcent pas le "Q", etc.), par des choix de vocables en excluant d'autres et par une proximité plus ou moins grande avec le centre historique de l'arabe qui est la Péninsule arabique. A l'évidence, les pays les plus éloignés de l'Arabie Saoudite (et donc envahis par les armées arabes en dernier) sont ceux qui présentent les dialectes les plus éloignés de l'arabe classique (ex : le Maroc).