Pour ceux qui m'envieraient de vivre sous le soleil et les palmiers, les doigts de pieds en éventail, je précise qu'il n'a jamais fait
un temps aussi pourri au Maroc depuis fort longtemps.
Hier soir, Rabat a essuyé un orage monumental après une journée grise et pluvieuse.
Et quand il pleut au Maroc, il n'y a vraiment pas grand-chose à faire : il n'y a qu'à attendre dans les courants d'air que ça se passe pour pouvoir enfin mettre un pied dehors
!
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Pour qui n'a pas à faire à cette problématique au quotidien, on ne peut avoir idée du clivage qu'il existe au Maroc entre arabophones
et francophones. Contrairement à d'autres pays où les différences de langues marquent une différence communautaire voire ethnique (exemple type la Belgique ou les pays africains subsahariens), au
Maroc, il s'agit avant tout d'un "marquage" social.
La stagiaire qui travaille avec moi me l'a bien expliqué. Dans son école de journalisme, il existe 2 filières : une arabophone et une
francophone. Les francophones sont issus de familles aisés de Rabat et ont faire leur scolarité dans des écoles privées ou dans les lycées français. Les Arabophones viennent, eux, de bled reculés
du sud marocain.
Et ma stagiaire de me préciser que beaucoup des francophones ne font pas le ramadan et ne portent pas le voile, les arabophones sont encore sur un mode traditionnel.
Personnellement, je ne pense pas que la langue soit un facteur de modernité et de tradition. Mais, le discours de ma stagiaire montre bien le fossé qu'il existe entre les deux langues. Les
francophones voient l'arabe comme une langue religieuse et conservatrice, tandis que les arabophones estiment que les francophones sont des "faux" marocains, aliénés à l'ancienne puissance
coloniale.
Quoi qu'il en soit, on ne dit pas les mêmes choses en arabe et en français et on ne s'adresse pas aux mêmes personnes. Ma stagiaire m'assurait que le français, par exemple, permettait de limiter
la langue de bois. Je lui ai affirmé, en tout connaissance de cause, le contraire.
Socialement, ce clivage linguistique va en s'accentuant. Et il ne faudrait pas qu'il devienne une guerre de tranchées manichéenne...
Et je ne parle pas de la place linguistique du berbère...
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